Grand Prix de l’urbanisme 2023 : Simon Teyssou ouvre une nouvelle voie de pensée et d’action pour « ménager » nos territoires !

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Le Grand Prix de l’Urbanisme a été crée en 1989 et distingue chaque année en France  (sauf de 1994 à 1997) une personnalité dont l’action contribue à faire avancer la pensée architecturale et urbaine. 

Cette année le jury a désigné Simon Teyssou pour son action en faveur des territoires ruraux et péri-urbains. 

Choix du jury

« Le Jury du Grand Prix de l’urbanisme a fait le choix de reconnaitre l’engagement, la vision et l’immense travail de Simon Teyssou. Cette reconnaissance est celle d’une pensée urbaine et architecturale riche et créative aux services de la qualité de vie et du devenir de nos villages, de nos centres-bourgs, de nos ruralités et des zones périurbaines. Simon Teyssou incarne une démarche au cœur des enjeux liés à la transition écologique et une architecture qui s’adapte au contexte, au paysage, aux identités, aux territoires et aux besoins. Son travail nous rappelle avec force que l’urbanisme et l’architecture ne doit pas être réservés uniquement aux métropoles ou aux grandes villes, mais bien à l’ensemble de nos territoires afin de répondre aux grands défis qui sont devant nous. » 

– Olivier Klein, ministre délégué à la Ville et au Logement.

Biographie 

Simon Teyssou est né à Paris en 1973, d’une mère Américaine et d’un père Français. Il est diplômé de l’École nationale supérieure d’architecture de Clermont-Ferrand. En 2000 il crée son agence d’architecture « Atelier du Rouget » dans un bourg de 1200 habitants, à Le Rouget-Pers (Cantal). De 2004 à 2018, il enseigne le projet d’architecture à l’École nationale supérieure d’architecture de Clermont-Ferrand. Depuis 2015, il dirige l’École nationale supérieure d’architecture de Clermont-Ferrand.

« En tant que directeur de l’École nationale supérieure d’architecture de Clermont-Ferrand il contribue à mettre en visibilité les questions posées par la ruralité, le devenir des petites centralités, la diversité des modes d’intervention possibles, la cohésion sociale, en insistant sur leurs complémentarités avec des territoires urbain voisins. »

Influencé par le régionalisme critique

Simon Teyssou « défend une architecture située et mobilise la question écologique pour en faire une opportunité au service du projet avec une valorisation du « déjà-là », une maitrise de l’empreinte écologique (énergétique, carbone, biodiversité…), des qualités d’usages, d’évolutivité ou de réversibilité. »

Quelques projets représentatifs de sa démarche

  • Son agence d’architecture est le premier exemple de sa démarche : construite en bois issu d’une forêt familiale elle s’inscrit dans une revitalisation du centre-bourg de la commune du Rouget-Pers.
  • Proposition d’un schéma directeur « informel » pour la commune du Rouget-Pers (Cantal), qui réhabilite la mairie et conçoit un réseau de chaleur urbain.
  • Élaboration d’un référentiel pour les espaces publics à Aurillac (Cantal) en articulation avec le programme Action Cœur de Ville.
  • Il convoque à Chaliers (Cantal) les traces des anciennes pratiques vivrières et le grand paysage pour concevoir la mutation de ce village-rue.
  • Il conçoit à Mandailles (Cantal) une nouvelle halle se référant à l’archétype de la grange-étable cantalienne et étire son dispositif par une passerelle piétonne franchissant la Jordanne renaturée.

Liste des lauréats du Grand Prix de l’Urbanisme depuis 1989

2022 : Franck Boutté / « Démarche pionnière sur l’ingénierie environnementale des projets architecturaux, urbains et territoriaux. » 

2021 : Collectif de l’AUC (Caroline Poulin, Djamel Klouche et François Decoster) / « Réinventer des territoires abîmés, imaginer des formes urbaines conciliant densité et cadre de vie, et proposer de nouveaux « communs » notamment en révélant le potentiel des « rez-de-chaussées » et des espaces publics. »

2020 : Jacqueline Osty / « Scénographie des plaisirs urbains. »

2019 : Patrick Bouchain / « Réinventer les villes avec ses habitants, en créant des programmes sur mesure pour et avec ses futurs occupants. »

2018 : Agence Ter (Henri Bava, Michel Hössler et Olivier Philippe) / « Pensée urbaine par le paysage et le vivant. »

2017 : Pierre Veltz / « Amélioration du cadre de vie des habitants et correction des inégalités territoriales du Grand Paris. »

2016 : Ariella Masboungi / « Esprit d’ouverture aux questions urbaines, sociales et sociétales émergentes, elle donne la curiosité des expériences pionnières en Europe et dans le monde, et favorise le dialogue entre les disciplines et les métiers qui pensent, conçoivent et fabriquent la ville. »

2015 : Gérard Penot / « Sobriété des interventions qui sont synonymes de qualité et de durabilité. »

2014 : Frédéric Bonnet / « Oeuvrer sur tous les territoires, y compris les plus défavorisés, et à toutes les échelles de l’urbanisme. »

2013 : Paola Viganò / « Une ville peu dense, diffuse, en s’appuyant sur les grandes questions du développement durable. »

2012 : François Grether / « Artisan de trois projets urbains phares : la ZAC Lyon Confluence à Lyon, la ZAC Clichy Batignolles à Paris et le réaménagement des berges de la Maine à Angers. »

2011 : Michel Desvigne / « Développe un mode d’exercice allant du jardin et des parcs, tels celui du Millenium à Londres, à des plans directeurs pour l’entrée de ville de Montpellier à l’aménagement de la rive droite à Bordeaux, ou encore à l’aménagement de l’ensemble des espaces publics de Lyon Confluence comme de ceux de la petite île à Anvers et ceux du vieux port de Marseille. »

2010 : Laurent Théry / « Placer l’urbanisme au cœur des grands débats de société. Renouveau du centre ville de Saint-Nazaire (projet ville port) et plan guide du projet emblématique d’une culture de la reconversion qui implique de refaire la ville sur elle-même à Nantes. »

2009 : François Ascher / « Recherche utile au service de la ville et de l’action urbaine. »

2008 : David Mangin / « Pensée sur une ville durable qu’il souhaite à l’échelle des grands territoires de l’urbanisation contemporaine et qui transformerait les « produits » du marché de l’urbanisme en projets, défendant une « ville passante » contre les logiques d’enfermement. Réaménagement du secteur des Halles à Paris. « 

2007 : Yves Lion / « Engagement pour la ville et pour l’enseignement, qualité de ses projets souvent situés à «l’entre-deux» entre ville et périphérie ; priorité qu’il accorde à l’espace public ; effort pour créer des conditions de logement adaptées aux modes de vie et au service de la constitution d’une urbanité renouvelée ; attention aux usagers ainsi que l’effort pour «apprivoiser» les infrastructures en faveur d’une meilleure harmonie urbaine. »

2006 : Francis Cuiller / « Urbaniste, militant et passeur, qui démontre qu’une profession d’urbaniste se construit en étroite et intime «  collaboration »  avec le territoire sur lequel elle s’exerce. Animé d’un grand sens de la ville en tant qu’espace public, il prouve par son action qu’il est possible de « fabriquer » des villes agréables à vivre, alliant densité et mobilité. « 

2005 : Bernard Reichen / « Renouvellement urbain de la cité du Borny à Metz, restructuration du centre commercial de la Porte-Jeune à Mulhouse, réaménagement de la ceinture de boulevards à Chartres. »

2004 : Christian de Portzamparc / « Réalisations de très haute qualité, alliée à une pensée sur la ville articulant réflexion théorique et passage à l’acte, et développant une vision optimiste de l’avenir qu’il traduit tant par son oeuvre que par ses écrits. »

2003 : Michel Corajoud / « Caractère exemplaire d’un exercice professionnel qui croise les disciplines et met celle du paysage au service de la recomposition des territoires urbains. »

2002 : Bruno Fortier / « Praticien du projet urbain qui s’est nourri de la recherche historique. Cours de Cinquante otages et l’Ile Feydeau à Nantes, recomposition à Marseille du secteur Porte d’Aix Gare Saint-Charles, littoral Menton-Roquebrune, quartier Paris Rive Gauche, réaménagement du port du XIXème siècle du Havre, construction de logements dans la ZAC des Amandiers et dans la ZAC de la Moskowa à Paris et plan programme d’Ivry. »

2001 : Jean-Louis Subileau / « Engagement en faveur de la qualité urbaine au travers de l’exercice de tous les métiers qui contribuent à fabriquer la ville. Projet urbain d’Euralille : préserver le caractère exceptionnel d’une opération symbolique des ambitions de la métropole lilloise. »

2000 : Alexandre Chemetoff / « Paysagiste hors normes, fonde son approche urbaine en organisant la mémoire et en jouant avec le temps et les incertitudes qui lui sont liées. »

1999 : Philippe Panerai et Nathan Starkman / « L’urbanisme « de l’îlot à la barre », remise en cause des rénovations brutales, émergence d’un nouvel urbanisme parisien respectueux de l’échelle de la ville. »

1998 : Christian Devillers / « Penseur pionnier du projet urbain » 

1993 : Bernard Huet / « Architecte au service de l’espace public, projets urbains attentifs à l’histoire du site »

1992 : Antoine Grumbach / « Grandes métropoles mondiales : inachèvement perpétuel et question de la possibilité de conceptualiser une forme sans limites »

1991 : Jean Dellus / Architecte-Urbaniste 

1990 : Jean-François Revert / « Pionnier du mouvement dit des « ateliers publics » d’architecture et d’urbanisme en région parisienne »

1989 : Michel Steinbach / « Premier grand prix d’urbanisme. Impliqué dans les villes moyennes. Son premier projet est établi à Saint-Omer.« 

Sources et références : 

https://www.ecologie.gouv.fr/grand-prix-lurbanisme-2023-est-attribue-larchitecte-urbaniste-simon-teyssou

https://fr.wikipedia.org/wiki/Grand_prix_de_l’urbanisme

https://www.batiactu.com/ (grand prix urbanisme par année)