L’un des enjeux de la loi « Climat et résilience », est d’accélérer la transition énergétique dans l’habitat et ainsi réduire par 4 les consommations d’énergie et la limitation des émissions de gaz à effet de serre, pour permettre de répondre aux objectifs fixés de neutralité carbone d’ici 2050. Pour passer à la vitesse supérieure et inciter les propriétaires à effectuer des travaux de rénovation énergétique, plusieurs mesures ont été mises en place notamment par l’entrée en vigueur depuis juillet 2021, du nouveau DPE pleinement opposable à tous les types de bâti sans distinction, à l’exception des monuments historiques et dont l’objectif est d’identifier les logements qualifiés de passoires thermiques (étiquettes F et G) et de préconiser des travaux permettant l’amélioration énergétique de ces logements.
Le DPE inadapté au bâti ancien
Le bâti ancien d’avant 1948 qui représente en France 1/3 des logements soit plus de 10 millions de logements, se distingue du bâti moderne par sa conception bioclimatique, ses matériaux et techniques traditionnels. Si la rénovation énergétique du bâti ancien est un atout majeur d’économies d’énergies, de revitalisation et d’amélioration du confort, il nécessite une approche spécifique et un savoir-faire particulier, ainsi que la mise en oeuvre de matériaux qui ne mettront pas en péril ses ouvrages et sa valeur patrimoniale.
Depuis la mise en place du nouveau DPE, un grand nombre de politique et de défenseurs du patrimoine, milite pour une révision du DPE à destination des bâtis anciens et alerte sur la méthode de calcul uniforme non appropriée à ce type de bâti traditionnel et au fait que la note de classement du DPE ne prenne pas en compte l’aspect architectural et patrimonial du bâti, ni ses qualités intrinsèques de performance thermique et de bilan carbone. Il en résulte des préconisations de travaux de rénovation standardisés incompatibles avec le fonctionnement propre du bâti et de ses matériaux constructifs sensibles à l’hygrométrie, ce qui l’expose de surcroît à de sérieuses pathologies.
LES RECOMMANDATIONS DU SÉNAT POUR CONCILIER RÉNOVATION THERMIQUE ET PRÉSERVATION DU BATI :
La sénatrice Sabine Drexler a formulée dans son rapport rendue à la commission du Sénat le 28 juin 2023, 10 recommandations en vue d’assurer une transition énergétique respectueuse du bâti ancien :
- Adapter le DPE aux spécificités du bâti ancien
- Prémunir le bâti ancien contre les rénovations thermiques inappropriées
- Former les diagnostiqueurs, les accompagnateurs Rénov’, les bureaux d’études, les maîtres d’oeuvre et les artisans aux spécificités de la performance et de la rénovation thermique du bâti ancien
- Réorienter la formation dispensée aux futurs architectes en donnant davantage de place aux questions liées à la réhabilitation du patrimoine bâti
- Encourager les collectivités territoriales à identifier le patrimoine bâti à préserver dans le cadre du plan local d’urbanisme
- Soutenir la recherche fondamentale et appliquée
- Sensibiliser les propriétaires et les collectivités territoriales aux enjeux et aux modalités d’une rénovation respectueuse du bâti ancien
- Réorienter les aides financières et fiscales pour leur permettre d’accompagner des rénovations énergétiques respectueuses du bâti ancien
- Associer pleinement le ministère de la culture à la définition des outils applicables au bâti ancien
- Organiser des États généraux du patrimoine durable afin de faciliter la concertation
Elle souligne également : « La lutte contre le changement climatique ne se résume pas à la réduction de nos consommations d’énergie : elle passe aussi par l’amélioration de la performance environnementale des bâtiments. Or, le bâti d’avant 1948 est, de tous les types de bâti, celui qui a le plus fait la preuve de sa capacité de résilience et de sa durabilité, à la fois par sa longévité et sa soutenabilité. »
Il apparait alors que l’enjeu majeur de rénovation énergétique dans le bâti ancien est de conjuguer transition écologique et respect du patrimoine bâti dans ses caractéristiques, sa valeur patrimoniale et la compréhension de son fonctionnement propre, pour qu’il soit établi un DPE « bâti ancien » permettant de rationaliser la méthode de calcul et de proposer des solutions de rénovation alternatives en adéquation avec ce type de bâti.
Chez Belles Pierres éco-rénovées, nous étudions, développons et réalisons des opérations de rénovation et de réhabilitation ayant pour ambition de préserver, valoriser et transmettre le bâti ancien dans une démarche écologique globale et pensée pour de nouveaux usages.
